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TQSM – En direct de Partouche

Le désormais traditionnel message « En direct de Partouche », reçu ce jour en début d’après midi. A sa lecture on comprend pourquoi la course au large est si addictive pour celles et ceux qui la pratiquent et si  magique pour celles et ceux qui la suivent!

Partouche, le class40 skippé par Christophe Coatnoan, occupe actuellement la 15ième position de cette Transat Quebec Saint Malo, à un peu moins de 80 milles du leader, IXBlue de Stéphane Lediraison. Après 6 jours passés en mer, entre la remontée du Saint Laurent, la traversée de la Baie de Gaspé et le passage des Bancs de Terre Neuve, la flotte est passée en mode « hauturier ». Fini le temps des waypoint obligés, désormais, c’est cap sur Saint Malo. Mais la route est encore longue. Il reste en effet plus de 1900 milles nautiques à parcourir pour les 25 équipages toujours en course, avant d’apercevoir les célèbres remparts de la citée malouine!

A bord de Partouche, par 46 02 N et 48 31 W, 11hTU Reaching mon amour »

 Si on fait du Class40, c’est sans doute pour ça : cette sensation de puissance unique, quand la machine, calée sur son bouchain, bouffe du mille comme un goinfre. We love reaching ! 25 noeuds de vent, à 70° du vent réel, sous GV haute et trinquette, ballasté et matossé à bloc, Partouche laboure la mer – qui a changé de couleur cette nuit – à plus de 11 noeuds de moyenne.

A l’intérieur, on entend les craquements de la coque qui encaisse sans broncher et les vagues qui viennent frapper le bateau de côté. En fond sonore, le ronronnement – qui vire à l’aigu quand on accélère – de l’hydrogénérateur rythme les surfs. Il pleut, il mouille, mais voilà ce qu’on est venu chercher dans cette option sud. Et, à l’abri sous la véranda du Pogo 40S2, c’est plûtôt confort…

A part ça, tout va bien, ou presque : hier en fin de journée notre spi max a posé une RTT sans autorisation du patron, nous lâchant par l’amure. Verdict d’Etienne, qui connaît le métier depuis la Jacques Vabre : « Réparable ». On s’y colle dès que ça se calme.

Et puis un moment juste incroyable, hier toujours : jounée ensoleillée, à la barre en short, tout d’un coup à l’horizon, sur tribord, de l’écume qui vole dans l’air. En désormais expérimenté navigateur de ces zones baleinières, votre sang ne fait qu’un tour. « Baleine ! ». La voilà : un énorme spécimen qui sonde au même moment. Deuxième souffle, cette fois, c’est sûr, nous sommes en route collision, sous spi à 11 noeuds. Gasp ! Je lofe, j’abats ? On choisit de lofer, en espérant que notre amie n’a pas d’option marche arrière. On est passé, elle n’a pas refait surface. Désolé du dérangement, on ne faisait que passer.

 A bientôt

L’équipage de Partouche »

 

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TQSM : « La tentation de Saint Pierre »

Cette fois, c’est le grand large! Partouche au matin de ce -ième jour de course point ene 15ième position, à 80 milles du nouveau leader, IX Blue de Stéphane Lediraison. Partouche suit actuellement une route plutôt au sud de la flotte et se trouve au coude à coude avec plusieurs équipages : Jack in the Box d’Alois Claquin, Groupe Picoty (le sistership de Partouche) et Sevenstar Yacht Transport. La route est encore longue d’ici Saint Malo (plus de 1900 milles) et c’est comme si une nouvelle course débutait actuellement. Passionnant!

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Partouche a doublé Saint Pierre et Miquelon et dépassé les Bancs de Terre-Neuve.  L’équipage nous raconte ce moment magique!

En direct de Partouche – vendredi 27 Juillet : « La tentation de Saint Pierre »

Par 45°48 ‘N et 53°29’ O, sur les « grands bancs de Terre Neuve » – rien que d’écrire ça, ça vous pose un homme 😉

La journée d’hier avait bien mal commencée : de longues heures de molle dans une mer croisée de chez croisée, à vous empêcher le quart de repos de dormir son juste. Sur le pont, l’humidité, la vraie, avec un sale crachin et un ciel aussi bouché que bas. C’est sans doute comme ça que les pêcheurs partis pêcher ne retrouvaient pas leur bateau…

Nous, on est bardé d’électronique, de PC, d’AIS, de radar, autant d’instruments qui nous ont confirmé au fil de cette journée médiocre que notre option sud n’était pas la bonne… et qu’on n’était pas les seuls à avoir tricoté à l’envers. Finalement, en fin de journée, à l’approche de Saint-Pierre et Miquelon, le vent est rentré. Fort, même.

Et la journée fut sauvée par un extraordinaire passage entre les deux îles en compagnie de Picoty, Red et Bleu. Sous d’énormes nuages noirs et gris, l’archipel est soudain sorti de la brume, tandis que la mer blanchissait.

L’accélération fut si forte qu’on a du affaler le spi, entamant un somptueux bord de reaching au pied des falaises… Et c’est avec une lumière grise et orange de fin du monde qu’on s’est faufilé dans l’étroit passage entre Saint-Pierre et le Grand Colombier. Ouch ! Tout l’équipage était baba devant le spectacle…

En empannant à la nuit tombée vers le sud  – à bord de Partouche, notre truc, c’est le sud, vous l’avez compris -, on a découvert les lumières de Saint-Pierre, sur notre tribord. Un court instant, on a été tenté de poursuivre notre périple gatsronomique. Parce que oui, on peut vous le dire, maintenant : à Gaspé, avant-hier, une faim de loup nous a attiré au McDo, seul truc ouvert à cette heure-là. Quelqu’un a demandé : « Vous croyez que le big Mac est le même ici ? » Et le skipper a dit : « C’est petit spi », on a continué notre route, option sud encore. Ce sera pour une prochaine fois. En attendant, on pense bien à nos petits camarades arrêtés là-bas, courage les gars !

NB : depuis ce matin, c’est le pied : 20 noeuds, grand spi et plein soleil !

 46° 18.117 N / 55° 35′ W: « Après Saint Pierre et Miquelon, la mer » (recu vendredi matin)

Nous avons vu Saint Pierre et Miquelon  ! La dernière fois, il y a 4 ans, l’archipel était resté secret à nos yeux. Le brouillard était si dense que nous avions découvert au dernier moment, quasiment dans notre bateau, les locaux dans leur zodiac. Cette année, pas de comité d’accueil… et pour cause. En passant entre les deux îles principales, les rafales et les vagues combinées nous ont amené à 18 noeuds de vitesse sous solent seul. Les falaises et les abords peu accueillants étaient dévoilés. Un oiseau, un genre de canari est venu se réfugier à bord. Il a trouvé asile sur les jambes de Christophe alors à la barre. L’animal était bien mal en point. Il mettait sa tête ébourffée entre ses plumes, comme pour ne pas voir cela. En passant au plus près de Saint Pierre, nous lui avons donné sa chance. La population de canaris ne se développera pas de ce côté là du globe…

Une odeur de guano chaud, portée par le vent à accompagné nos manoeuvres pour nous mettre au cap de Saint Malo.

Depuis, nous continuons de naviguer de concert avec 3 autres bateaux en course. La nuit est là et, après un début quelque peu téméraire sous spi lourd, nous sommes revenus à plus de prudence, sous solent. Nous repasserons probablement sous genaker dans peu de temps. Mais là, l’équipage a besoin de repos. Etienne est à la barre, vaillant et endurant gaillard ! La nuit est belle, le ciel est étoilé et la lune fait briller le sommet des vagues qui nous accompagnent sans grand rythme. La mer reste curieusement agitée.

Encore deux mille milles nautiques devant notre étrave. La paix a le temps de venir.

 Quatre garçons dans la nuit »

 

 

TQSM – En direct de Partouche: « Du brouillard dans les têtes »

En direct de Partouche: en pleine pétole

46° 42.495 N / 57° 52.145W

Et cette position change lentement. Très lentement. Quand un filet d’air effeure les voiles, tout le monde respire. On se dit « enfin », « ça y est ».

Comme des gamins qui obtiennent l’objet de leur obstination. Mais le filet d’air s’évapore au milieu de nulle part. Dans un brouillard assez dense, comme toujours sur les bancs de Terre-Neuve. On plonge un regard dans la grande bleu. La coque qui vacille dans une mer destructurée crée des nuées de bulles d’air. Elles se déplacent comme des lachés de ballons. Un dauphin tourne autour de nous, comme pour nous aider à patienter.  Tout est bruit.

La baume qui bat en bout de course  du rail d’écoute. Les drisses qui martellent le mât. Les vagues qui claquent sous la coque. Deux de veille.

Deux qui essaient de dormir. Ecole de la patience. Si quelqun vous dit que tout cela n’est que du vent, vous pouvez nous l’adresser.

 Quatre garçons dans la pétole.

TQSM : En direct de Partouche : « Entre ciel et Eau »

Comme tous les jours, le journal de bord de Partouche. Régalez-vous!

« 47° 33.967N / 60° 29.437W

De l’eau dessus, de l’eau dessous, autour et partout, dans les bottes et dans le cou ! Ici, c’est l’âge de l’eau. Nous vivons dans une micro-cité aquatique. Un parc à bargeots, les pieds dans l’eau.

Il faut imaginer notre 9 mètres carrés avec vue sur la mer : senteurs brise marine avec forte connotation de chaussettes marinées et de pieds fatigués. La cloison est remplie d’eau, les ballasts ont leur propre circuit.

 Groupe Partouche file sous spi. Tout le matériel a été matossé à l’arrière et au vent. Du coup, il reste de l’espace pour mettre un coussin rempli de billes sur le sol, un genre de litière pour marins KO. Le tout dans un vacarme de vagues sur la coque et de vrombrissements dans les voiles. Au moins, on y voit. Pas de brouillard. C’est l’heure de la relève de quart. Deux se couchent, deux se lèvent et aucun n’échangerait sa place, pour rien au monde.

 Quatre garçons dans l’eau,

L’équipage »

Regroupement en tête de la flotte des Class40 en ce 4ième jour de course. Partouche est actuellement en 13ième position à 20 petits milles sur le nouveau leader, « Latitude Mer Longitude Neige » mené par l’excellent Aurélien Ducroz (champion du monde de ski freeride svp!)! Ce regroupement est à mettre au crédit d’une zone de « molle » (zone de vents faibles) qui a stoppé net la belle cavalcade des leaders. La flotte s’apprête à doubler Saint Pierre et Miquelon. Ensuite place à la Grande Bleue jusqu’à Saint Malo!

 

TQSM – En direct de Partouche : « Sur la route »

Message en direct de Partouche. Ne manquent que les photos pour illustrer le propos!

Latittude 48° 01.795N, Longitude 62° 01 429W… A 26 miles de Brion Island.

Revenons un peu à cette baie de Gaspé ! Vous avez raté début. Le moment des fous de bassan en ligne, surfant sur les vagues, suivant l’onde par vols de 15 ou 30 oiseaux. Ils découpaiennt la houle en pointillés noirs et blancs sous l’oeil goguenard de phoques qui nous regardaient passer, leurs grands yeux noirs ébahis.

 Le souffle de trois baleines qui pêchaient dans le vent nous rappelait un peu l’odeur de la cabine (Oncle fétide, sors de ce lieu !). Le paysage dans le coucher de soleil était juste incroyable vert, bleu, gris dans un horizon de feu, avec, juste devant nous, un double arc-en-ciel pour nous protéger.

Les colines boisées nous renvoyaient un parfum d’Eucalyptus et de cannelle mêlés  de résineux. Le vent souffait le chaud bien que les nouvelles nous aient refroidis. Le bout-dehors nous avait ponctuellement laché. En cas d’abandon, un marin du cru nous avait même mis son beau 36 pieds à disposition pour nous loger décemment. Solidarité des gens de mer a-t-il dit. On veut bien le croire. Le gars mesure 2 mètres de haut, avec des mains comme des pelles et un bon regard sympa. L’appel du large et la gagne ont été plus forts que tous ces bienfaits réunis. Seule manquait la môme Calypso pour nous retenir.

 Depuis, on a mis le paquet et le bateau revient dans la course. D’ailleurs, nous ne l’avons pas quittée. Le moral est bon et les conditions météorologiques nous paraissent favorables. La vie à bord reste spartiate mais une bonne humeur potache règne. Au programme, avec un vent de force 4 établi, et en essayant de contrôler la petite flotte que nous pilotons, nous proposons le concours de lancer de noyaux de cerises (avec le souffle ou les doigts, mais il faut annoncer ce que l’on vise…). Egalement très en vogue comme jeu, le nettoyage de pot de confiture éclaté dans le sac à nourriture sucrée en même temps qu’une petite série d’envois et d’affalages de voiles variées. Le tout avec le sourire et la bonne humeur.

 On revient plus tard, parce que le vent monte encore et les vagues aussi …

 Quatre garçons toujours dans le vent

L’équipage à bord du Groupe Partouche »

 

Transat Quebec Saint Malo – En direct de Partouche, par PY Lautrou

Pendant toute la durée de la Transat Québec saint Malo, Pierre-Yves Lautrou, journaliste à l’Express et actuellement équipier à bord de Partouche, nous fait vivre l’aventure!  Carnet de bord reçu ce jour : “Quebec, Terre de contraste”. Le récit des dernières heures de course. Agitées…

« A bord de Partouche, par 48°18′ N et 63°08′ O, en route vers Saint-Pierre et Miquelon à 15 noeuds de moyenne… »

« Après avoir longé les rives du fleuve Saint-Laurent par tous les temps, après avoir enragé dans la pétole folle au pied des falaises boisées, après avoir connu une sublime nuit de reaching, on ne voulait pas quitter le Québec comme ça.

Alors, en entrant dans la baie de Gaspé à la nuit tombante pour aller virer l’avant-dernière marque de notre parcours québécois, notre bout-dehors nous a arrangé le coup : crac, fit-il, quand le bout qui le retient au balcon céda. Rapide conciliaule, et route pour Gaspé au fond de la baie, l’avarie a l’air sérieuse. On en profite, un peu déçus, pour admirer un incroyable coucher de soleil qu’accompagnent quelques baleines et phoques avant de nous amarrer au ponton.

C’est l’heure des moustiques, mais le capitaine du port est là pour nous accueillir. On démonte, on regarde, on passe quelques coups de fils, on évalue les options, on répare ce qu’on peut… ça tiendra bien comme ça ! Et nous voilà repartis, nous retrouvons en sortant de la baie nos camarades de jeu des jours précédents, encore plus pénalisés que nous par les vents évanescents de la veille et de l’avant-veille.

C’était tranquille jusqu’à Pierre Percée et, depuis, nous avons entamé un run assez sauvage en direction de Saint-Pierre et Miquelon – 19,4 noeuds record à battre. Un solide vent de nord de 20 à 25 noeuds et une mer courte nous emmènent. Le patron est à la barre, les yeux brillants à chaque surf, Jean-Philippe et Etienne récupèrent dans les banettes au vent et nous avons Red, EDF Energies nouvelles et Bleu à nos basques. Cette fois, c’est l’Océan.

A bientôt

PY Lautrou, à bord de Partouche »

Partouche pointe actuellement à la 11ième position, au coude à coude avec plusieurs concurrents. La bataille fait rage en Baie de Gaspé!

Partouche, contraint à une escale technique cette nuit, s’est bien relancé ces dernières heures!

Ce ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir! Partouche, le Class40 skippé par le navigateur dieppois Christophe Coatnoan, a du s’arrêter la nuit dernière pour une escale technique dans le port de Gaspé, à l’entrée de la Baie du même nom. La cause de cet arrêt forcé? La rupture de la ferrure du bout-dehors, pièce essentielle qui permet d’amurer les voiles de portant (spis et genaker). Heureusement pour le bateau n°113 « au jeu de cartes », la réparation n’a duré que quelques minutes, ce qui a permis à l’équipage de ne pas perdre trop de terrain sur ses adversaires directs.

A l’heure actuelle, au troisième jour de course, et à moins de 2500 milles de l’arrivée, Partouche pointe en 11ième position, à 85 milles du leader, le favori Mare.de de l’allemand Jorg Riechers. Il est à la lutte avec 4 autres concurrents, et tente de revenir sur ses adversaires d’hier (IX Blue, Campagne de France, Bodacious Dream, Jack in the Box et Roaring Forty, qui se disputent la 6ième place), à une quinzaine de milles devant son étrave. Partouche navigue actuellement dans des conditions musclées : des vents de secteur nord ouest de 25 à 30 noeuds établis…

La course est à suivre en direct sur la cartographie en ligne http://transat.korem.com/course